• Bedside - TDT

    << Tous les matins, je traînais mon sac rempli de merdier pour apprendre ce que j’oublie le lendemain. Tous les matins, je me dis qu’une chance de réussir à autre chose que servir du cheescake peut arranger ma situation. Tous les matins, devant le même miroir je m’aperçois que la définition de réussite n’est même pas claire dans ma tête. Je ne pense même pas qu’elle l’est dans celle de n’importe qui. De temps en temps, j’essaie de voir en les autres ce que je ne vois pas, ou plus. Proprement dit, tout le monde veut devenir la même chose. Ce bonheur tellement défini que technique, tellement fatidique. Je pense aussi que personne à part les idiots, n’est heureux. Certains aiment se blottir contre des bras chauds une nuit d’orage, d’autre veulent voir le monde entier en même temps. Chez certains, cet épanouissement, est matériel, sexuel, physique. Et je pense que c’est juste ça. Un épanouissement qui cache le dégoût et le rejet de soi, qu’on a tous au fond de nos tripes. Rendez-vous à l’évidence, personne n’a ce qu’il veut, parce que personne ne se limite à un besoin prescrit. On veut, encore et on a encore, mais c’est une roue que je n’identifie plus. Je ne sais plus quoi faire de cette saloperie qui me colle au dos, cette envie d’être plus que ce que je suis, d’être autre chose. Revenons au fait que je ne pense plus avoir de but précis devant moi. J’ai perdu le ballon à étoiles dans les bois, j’ai vraiment plus envie d’aller courir le chercher. Avant ça, tout aurait pu aller très bien. J’aurais continué à travailler au Brew, devant le gars qui tatoue les dauphins sur les seins des mineures, j’aurais pu payer le loyer de mes parents et j’aurais continué à traîner chez Barry. Mais voilà comment ça c’est passé, Barry m’a jetée, parce qu’il veut aller à la fac et pas moi. Voilà comment ça allait de toutes manières se passer, parce que Barry, lui a une superbe copine. Un talent pour taffer sur les écrans, au moins 5 lettres d’admission en écoles ou même en embauche directe. Et il avait bien fini par arrêter son business et ses magouilles, parce que les flics étaient à son cul depuis des mois. Il avait bien fini par arrêter son truc, parce que c’était mon idée foireuse de nous faire gagner des liasses et les laisser pour notre projet. Auquel il était presque seul à croire à force de l’avoir complètement lâché, parce qu’il en avait ras la tête de m’entendre rabibocher la même histoire, comme une fouineuse. Si Barry n’était pas là, j’aurais été à la rue depuis les diplômes, et en réalité, pire. J'aurais été chez mes parents. Des retraités depuis dix ans qui ont choisis de choisir l'effrontée des « Enfants (déprimés) en maintenance temporaire ». Parce que mes vrais parents, crament en caravane commune depuis des années au Texas et ont sûrement eu plus d’une demi-douzaine de gosses, à donner en charité au monde qui en avait vraiment pas besoin. Si moi j’étais comme les filles du Brew, j’aurais déjà eu un petit job débile en ville, avec mes jolies petites pommettes retroussées et accompagnée tous les jours du même et unique joli gentil bonhomme aux mains remplies de mes fesses rondes. Il aurait fini par me larguer, j’aurais fini par pleurer un après-midi et avec l'aide de mes copines stupides, j’aurais déjà un nouveau gentleman à mon lit qui m’offrirais les plus beaux Manolo le lendemain.

    Tout mon cerveau bouillonne de l’orgueil qui me possède. Mon esprit est possédé par cette soif parce que Barry, je m’en vais vivre autre chose. La vie, ma vie n’a pas de sens. >>  


  • Comments

    1
    Sunday 9th August 2015 at 10:54

    Je vais dire quelque chose (qui a autant de sens que ça vie apparemment) mais le texte se "finit sur l'image" -si je puis dire".

    Et j'aime beaucoup le texte, ce qu'il dit, et de quoi ça parle -enfin ce que la fille ressent et comment elle s'exprime.

    2
    Sunday 9th August 2015 at 11:16

    Oui, c'est aussi simple qu'un monologue. J'avais une autre histoire avec plus d'action qui finissait encore sur l'image, mais au final, j'ai du recommencer et j'ai pris l'option plus courte.

    Merci beaucoup c: Ca m'a pris un peu de temps pour me mettre dans sa peau et utiliser le bon type de raisonnement psychologique pour retranscrire en dialogue interne, je me suis aussi inspirée des films jeunes 

    3
    Sunday 9th August 2015 at 11:45

    On a souvent tout plein d'idée mais à la fin, on arrive pas forcément à faire ce qu'on voulait.

    De rien beaucoup :) Hein~ bah c'est un grand travail que d'écrire un texte et c'est justement ce que j'aime dans les histoires (autant quand on les lit que quand on les écrit) c'est qu'on "vit" des expériences (parfois juste mental) que l'on aurait pas vécu en temps normal dans notre monde ^^

    4
    Sunday 9th August 2015 at 13:03

    Je te l'avais dit, t'as géré comme toujours.

    5
    Sunday 9th August 2015 at 13:08

    @Tsunnie: Pour moi le sentiments de vivacité proviens uniquement des vraies plumes.. Y'a des livres, qui sont comme le soie sur peau, tellement fluides et vrais. D'ailleurs si tu aimes "vivre" le livre, je te conseille Central Park de Musso, c'est vraiment un livre magique.

    @Suga: Merci twixie T^T <3

    6
    Sunday 9th August 2015 at 15:22

    Faudrait-il encore définir ce qu'est une vraie plume (oui, j'aime embêter mon monde, à toujours chercher la petite bête). OK, je le note dans les livre qu'il faudra que j'achète :)

    7
    Monday 17th August 2015 at 16:04

    C'est une suite de chapitres, c'est ça ? Le ton est très net et crédible comme monologue.

    8
    Tuesday 18th August 2015 at 00:34

    Ah non, c'est des "one-shot", c'était pour le concours 'Tournoi des Textes' c:

    J'ai essayé du mieux que je peut de m’imprégner dans le personnage, je suis contente de voir que c'est pas trop raté x)

     



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