• Pensées de 2015Ce soir, même si je me contre-fous de vos décalages horaires de merde, j'écris pour la dernière fois cette année. Pour cette dernière petite heure, je vais cracher tout le repas non-digéré de 2015. Pourquoi? Parce que je bouillonne d'énergie, je bouillonne de tout le boxon de mon cerveau et j'aime écrire pour ne rien raconter. Pour une dernière fois, je me magne et même avec toute ma bonne et mauvaise foi, je vais pouvoir juste me libérer de quelques petites choses; pas forcément très importantes. Et c'est justement par pas forcément importantes que j'insinue qu'il ne faut surtout pas prendre au sérieux ce que je vais raconter et raconte là, dans l'immédiat. Cette année se voit mourir auprès de quatorze autres, où j'ai vécu la plume à la main, dans ma petite chambre partagée dans la villa 3 du pâté de maison près de la grande route centrale du pont de l'est de la chaude ville au cœur de ce pays de couleurs perdu près d'un Atlantique tracé sur carte. Je suis donc partante pour une seizième, et qui sait, qui sait ce que j'en dirais à une heure de passer à la dix-septième. Mais en tout cas, en tout bond, je retourne pour castrer entre quatre traits les plus petits et les plus grands mots et morceaux qui me restent de cette belle année puisque j'y survis. Vue mutée à sang entre un collège bordélique et un début chaotique dans une nouvelle aire, je suis pathétiquement heureuse de pouvoir clairement le partager: je n'ai pas été très contente cette année. Cette année, je n'ai pas été fière à ce point, et ni de moi et ni de vous. J'ai beaucoup trop rêvé et j'ai pris trop de temps à mettre en laisse une frénésie que je juge maintenant de trop improductive. Je suis quand même bien partie pour une petite tombe à mots, mais je ne mens pas pour rendre ce texte bien, bon. Ce texte c'est juste un petit souhait et un petit message au moi de dans une heure, au moi qui gardera peut-être toujours tout ce tas de bouse psychologique. Prêt à bondir et à arracher de n'importe quelle bouche, la petite crinière bouclée veut gambader et devenir. Alors je me souhaite un excellent départ, parce que je ne veut pas regretter de ne pas me forcer à mieux vivre dans l'avenir. Et pourtant l'avenir tout proche est si proche, à quelques chiffres et à quatre cents battements de cœur. Je vois tout le mauvais et tout le mal, tout ce que futur-je veut raser de son jardin, je vois tout ça et je piétine sur tout. Pas pour rien, pas pour entamer un mensonge de rébellion. Je vous raconte tout ça parce que, j'ai les yeux très gros, si gros que je vois trop loin, trop haut et trop bas. Mais voilà, je veux et je rêve, j'espère et je souhaite, et je le ferais aussi longtemps que possible parce que dès pas trop longtemps je l'espère: j'oserais. A tout ce que je n'ai pas fait, à tout ce que je n'ai pas pu faire, à tout ce que je n'ai pas voulu faire, à tout ce qu'on ma forcé ou interdit de ne pas faire. A vous. Mais à tout ce que j'ai fais, tout ce que j'ai adoré silencieusement, je reviendrais. Je pense aussi qu'à tous ceux qui me lisent, qui me connaissent, qu'il est important de savoir quelque chose. Je ne crois pas aux nouveaux-"moi" des débuts d'années, je crois aux nouveaux visages de chaque matin. Jusqu'à l'éternité. Alors faites attention à moi. Je dis tout ça parce que, je vous invite à ne pas me prendre au sérieux, et à oublier le moi du début, d'hier et de peut-être celui de demain aussi, parce que dans ce petit laps de temps, dans ce tout petit recoin d'intime impertinence: je suis autre.


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