• ‪‎EtLaPariteAlors‬

    ‪#‎EtLaParitéAlors‬

        Plus jeune, j'ai toujours été sous la tutelle d'une maîtresse. A vrai dire, je ne voyais pas un homme s'occuper d'enfants de bas âge, c'était plus incohérent qu'impossible à mes yeux. Tout en gravissant les échelon du primaire, j'ai toujours eu cette maîtresse-. Cette image modèle, celle qui était là depuis longtemps, celle que les infirmières et les parents d'élèves connaissaient depuis toujours, celle qui ferait tout pour ses classes, celle qu'on voyait toujours comme la grande sœur sage. Une matinée de fin d'année scolaire, on pouvait déjà demander aux autres maîtresses les noms de celles chez qui ont allait éventuellement aller l'année suivante. On m'annonça alors le nom, Boulanger. Gérard Boulanger. A partir de ce moment-ci, je ne savais pas comment gérer ma situation; dans un premier temps, je voulais absolument changer de classe. Pas parce que je ne l'aimais pas, je ne le connaissait même pas, mais parce que c'était un maître. Je ne voyais pas un autre homme prendre la place de notre deuxième mère pour la plupart. Je ne pouvais pas imaginer un homme prendre cette place tout court. Ensuite, je m'y suis fais, très lentement, mais toujours en train de me demander ce qu'il pouvait bien faire là à nous enseigner. A s'occuper de nous, à nous aider, nous apprendre la vie de plus tard.

    Avant de me poser la question, je me suis demandée si il ne s'agissait que de moi. Que d'un sentiment partagé par des filles. A ma grande surprise, beaucoup d'enfant aujourd'hui, préfèrent une maîtresse à un maître. J'ai demandé à des garçons de primaire dernièrement et voici leurs témoignages:

    "Quand mon maître me demande de lui faire des services, [je me sent] beaucoup moins le chouchou que quand on me demandait de le faire l'année dernière" 

    "[prénom de l'enseignant] nous raconter des histoires ou nous apprendre à faire de la pâte à sel, c'est trop [bizarre]" 

    Avec ça, j'ai pu en conclure que tous élèves avaient bel et bien le même avis au final. J'en reviens donc à ma question: pourquoi évoquer l'inégalité des sexes dans le milieu du travail sous un seul et même angle ? Pourquoi ne pas voir l'envers du décors, celui des rôles de ces métiers dans la société et pour le futur. On se lamente en effet souvent du fait que le salaire des femmes dans une entreprise x reste toujours moins élevé que celui de la majorité masculine. Qu'une femme sur 6 face à 4 hommes sur 5 sont retenus après des entretiens pour obtenir un nouveau travail. Mais avant d'en connaître les raisons, je me retourne ici vers la voix de ces gens de tous les jours. Qui en sont peut-être la source, ou peut-être pas. Comment attendre de demain ce qui n'est pas encré depuis hier ? Depuis le début de notre éducation, on grandit en s'habituant à des standards. Ces standards laissent place à des stéréotypes qui naissent à chaque génération qui suit. Ici, la jeunesse est dès ses premiers regards sur le monde, plongée dans une stricte routine qui la laisse à son tour, incapable de s'adapter à une autre vie, à une autre perspective. Si les plus jeunes en sont le parfait exemple ? D'où vient alors ce comportement, et pourquoi se manifeste-t-il à un si jeune âge ? Il faudrait poser la question au corps enseignant. Si ce cas est (en toute franchise, je n'en doute pas) valable pour le reste du monde, alors voilà la faille de notre système. Pourquoi donc donner une image aussi nette d'une attitude ou d'un rôle, pourquoi laisser une étiquette aussi marquante à l'idéal. Dans cette voie, cet idéal est brusquement brisé dès le passage au collège, avec toute la nouveauté d'un nouveau fonctionnement scolaire. Mais que rend le primaire si dissociable à cette inégalité ?

    Laissant de côté l'exemple pris au début, je vais ici me pencher vers d'autres facettes du problème. En abordant le sujet avec d'autres amis, je me suis également rendue compte que d'autres domaines sont affectés, des domaines auxquels on ne pense pas. Au fourneau, on ne pourrait que très difficilement assumer une inégalité. Or, dans le domaine de la sécurité par exemple ou de la musique (c'est étrange mais vrai), il est difficile de se démarquer lorsqu'on appartient au sexe opposé. Encore une fois, même dans d'autres métiers plus discrets ou plus "tabous", la différence est rare et choque beaucoup d'entre nous. Pouvez-vous imaginer un escort boy plus facilement que sa version féminine ? Ou une sugar mommy ? Non. Tout cela résultant d'une mauvaise conception du métier. De son image. De son rôle primaire. Un métier ne devrait pas se limiter à qui l'exerce, voir ainsi des talents, des passions éclatantes ou des vocations complètement anéanties pour une simple raison de sexe.

    Le plus dommage dans cette crise, est qu'elle est invisible, encore une fois, dans ce domaine, on ne regarde que l'inégalité au niveau de l'admission. Et non pas de l'admission morale au sein de notre société, les regards que portent les gens de tous les jours sur d'autres gens de tous les jours, qui ne demandent qu'à exercer avec épanouissement. Ce qu'on peut tous commencer à faire dès demain, c'est faire halte aux préjugées. C'est accepter un homme de ménage, dire bonjour à l'électricienne de l'étage du haut ou encore vous dire que peut importe votre sexe, faire de votre métier un plaisir ou l'inverse fera de vous quelqu'un d'heureux.

    Voici les autres articles des autres bloggeurs participant au projet #‎EtLaParitéAlors‬ :

     Raphie – 7 à la maison Chtite fourmi Bernieshoot  Mr Le Psy La Belle Bleue – Wow Mom


  • Comments

    1
    Wednesday 1st July 2015 at 08:35

    Je trouve ton article très intéressant et tout ce que tu dis est très vrai.

    2
    Wednesday 1st July 2015 at 12:55

    Ton article est très intéressant, j'aime beaucoup. Le pire c'est que c'est la réalité. J'aime beaucoup ce projet ! Je m'en veux d'avoir oublié :(

    3
    Wednesday 1st July 2015 at 13:00

    @all: Merci beaucoup ! Si ce genre d'article vous plaît, j'essaierais de participer à d'autres projets similaires c:

    4
    Wednesday 1st July 2015 at 13:03

    D'après Djy, un autre est entrain de se monter sur un sujet qui devrait plus me parler, j'essaierai de ne pas oublier cette fois ! :)

    5
    Wednesday 1st July 2015 at 13:08

    Je me tiendrais au courant !

    6
    Wednesday 1st July 2015 at 13:20

    Ah non, enfaite, je me suis trompé ^^' J'ai confondu avec EklaBugs !

    7
    Wednesday 1st July 2015 at 13:28

    On partage la même vision !

    8
    Wednesday 1st July 2015 at 13:49

    :) J'espère que cette inégalité va s'estomper dans les prochaines décennies à venir, même si j'en doute fort..

    9
    Wednesday 1st July 2015 at 14:13

    Oui il y a des clichés métiers  ou sociaux qui sont lourdement ancrés dans nos sociétés.

    On peut noter des différences d'un pays à l'autre ou par exemple dans les pays nordiques les pères qui s'arrêtent de travailler pour élever leurs enfants sont en nombre beaucoup plus important qu'en France par exemple. Le chemin est très long mais cet évènement est super pour en parler au quotidien

    10
    Wednesday 1st July 2015 at 14:26

    C'est vrai qu'on ne l'aborde presque pas. Voir des hommes au foyer dans d'autres pays parraît beaucoup plus étrange que ça. Et c'est à partir de ce genre de minorités, qu'on crée des stéréotypes profondément ancrés comme tu le dis.

    C'était vraiment sympa de lire vos autres articles sinon !

    11
    Wednesday 1st July 2015 at 16:17

    En primaire, pour moi un maître ou une maîtresse c'était pareil. Mais en même temps je ne peux pas me mettre dans la peau de la plupart des enfants puisque si cette différence est liée à ce que je pense je suis un cas "à part".

    Je suis totalement d'accord par rapport au fait que c'est la société qui nous met ça dans la tête en fait. Je sais que quand j'étais en primaire quand un adulte discutait avec moi (ou mon frère ou ma sœur) à propos de l'école il parlait souvent de maîtresse, certains demandaient si j'avais un maître ou une maîtresse mais je ne crois pas en avoir entendu parler de maître sans poser la question.

    Je trouve que le milieu professionnel est un milieu qui est souvent assez inégalitaire au niveau des sexes. Il y a certes le salaire mais aussi les stéréotypes et c'est vrai que si quelqu'un, un homme ou une femme selon le métier, nous dit qu'il exercer tel ou tel métier on aura pas forcément le même regard...

    12
    Wednesday 1st July 2015 at 16:23

    Effectivement, tout repose sur nos regards. Après, mettre dans la tête d'une majorité jeune quelque chose, c'est vraiment souhaiter qu'elle ne s'en efface plus jamais. Après pour ton cas, c'est bien de savoir ça, beaucoup voir tous les petits élèves n'aiment vraiment pas avoir de maîtres. Pour la simple et bonne raison qu'on ne leur a pas enseignés qu'homme ou femme, un instit reste instit..

    13
    Wednesday 1st July 2015 at 16:31

    Oui, ce que je veux dire c'est que c'est un peu le regard qui est transmis si on peut dire ça comme ça. Je pense que peut-être que quand les enfants sont jeunes ils trouvent l'image d'une "deuxième mère" chez leur maîtresse, ce qu'ils ne retrouvent pas chez un maître, puisqu'au final c'est la personne qu'ils voient le plus souvent en dehors de leur famille, ils se rattachent à cette personne.

    14
    Wednesday 1st July 2015 at 16:34

    Justement, je ne comprends toujours pas pourquoi cette image est là. Pourquoi on continue à stigmatiser des minorités pour leur sexe. Et à cet âge, l'enfante est honnête, très droit. Quelque fois il faut se mettre à la place de ces tuteurs qui se font constamment rejeter par les petits avec qui ils passent toute une année scolaire.

    15
    Wednesday 1st July 2015 at 19:54

    C'est une façon très juste d'aborder ce sujet. Et oui le stigmatisme arrive dès l'enfance,  outre les clichés sur les corps de métier, moi je me rappelle, les pochettes surprises dans les magasins "rose" pour les filles "bleu" pour les garçons (et si on y regarde bien c'est encore plus ou moins le cas avec les surprises de menus enfants)...

    16
    Wednesday 1st July 2015 at 21:43

    Oui, tout à fait. Et pas que dans cette industrie. Pour les bébés par exemple, c'est presque automatique d'acheter telle ou telle couleur par rapport au sexe. Je pense que ça joue un rôle très important dans l’influence d'un enfant qui grandit avec son frère qui porte du bleu et sa soeur du rose. 

    17
    Wednesday 1st July 2015 at 22:13

    ou pire encore "les petits garçons naissent dans un choux et les petites filles dans une rose" y a tellement de clichés sur tout ça pendant l'enfance ...

    18
    Wednesday 1st July 2015 at 23:04

    C'est vraiment dommage.

    19
    Tuesday 7th July 2015 at 19:17

    Je vais simplement réagir sur ton premier paragraphe : 

    bizarrement, moi quand j'étais en primaire je préférai avoir un maitre qu'une maitresse. Pourquoi ? La raison est très bête :') Les maitres avaient un sacré sens de l'humour, alors que les maitresses, non. Mais je sais que mon point de vue est très personnel puisque cet exemple ne marche que pour mon école x) Mais voilà ! Je préférai avoir un maitre x) Bon après je sais aussi que ceci n'est pas vraiment le problème dont tu parles hein ! x'D

    Sinon bravo pour ton article ! J'ai pas tout lu mais je l'ai survolé et tu as parfaitement raison ! ;D

    20
    Tuesday 7th July 2015 at 20:20

    C'est vrai que même en remarquant, ta note est juste, mon maître était beaucoup plus drôle. Mais dans un point de vue plus général, les enfants sont très directes, si ils n'aiment pas leurs instit ils le disent très souvent avec beaucoup de droiture..

    Merci beaucoup o/

    21
    Wednesday 8th July 2015 at 01:00

    Je suis d'accord avec ton article !

    22
    Saturday 18th July 2015 at 17:41

    Je suis d'accord avec ça! Il y a de plus en plus l'inégalité des sexes à l'école primaire Je me souviens quand j'étais à l'école primaire, il y avait qu'un maître. 

    23
    Saturday 18th July 2015 at 20:16

    Moi c'était aussi la même chose malheureusement.. 



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